vendredi 26 août 2016

Polynésie Française

Le 23 août, nous arrivons à Papeete à 2h du matin après 6 heures de vol. On se dirige directement à l'hôtel. Le matin on se réveille pas trop tard car on a 5 heures de décalage avec l'île de Pâques, donc 12 heures de décalage avec la Suisse... Au réveil, pas une bonne surprise car il pleut énormément. Pour finir ça se calme assez vite. On profite d'être à Papeete pour aller acheter des livres aux enfants, puis on prend le ferry pour Moorea, l'île en face de Tahiti.
On arrive sur Moorea assez rapidement et on loue notre petite voiture. Comme on est trop tôt pour aller à notre pension, on s'arrête dans un snack au bord de la route pour manger les spécialités du coin. Ils appellent ça snack, mais en fait c'est un restaurant et là on se fait plaisir avec un mahi-mahi (poisson cru au lait de coco). Vraiment excellent, on aime cette culture du poisson cru. Forcément Léonie nous trouve des fleurs et veut faire comme les polynésiennes... les mettre dans les cheveux.

On arrive ensuite à la pension et là... c'est le paradis. Plage privée avec kayak à disposition, le bungalow est grand et la cuisine commune est super bien équipée... l'homme à tout faire, Herami, adore les enfants et joue avec eux. Un français du coin, Jean-Luc, pèche un magnifique poisson... Herami montre à Jules comment casser une noix de coco... Daniel est fou de joie car il peut enfin parler français, je dois admettre que c'est très agréable. En plus au supermarché il n'y a que des produits français... on craque pour un bout de comté bien trop cher...  le paradis quoi...



Le 24, le matin il fait beau mais l'après-midi c'est la cata... le déluge... du coup le paradis est moins sympathique... Daniel va chercher un poisson au sur le bord de la route (pas de poissonnerie ici, les pêcheurs vendent se qu'ils viennent de pêcher) avec Herami et le soir on se fait un mahi-mahi fait maison. Le poisson frais (un petit thon rouge) et les noix de coco que Daniel presse lui-même pour en faire sortir le lait... incroyable.


Le 25, il fait beau, enfin il ne pleut pas... on commence la journée par les devoirs des enfants, pour leur plus grand malheur... puis on mange pas trop tard car nous avons rendez-vous pour nager avec les dauphins... Nous avons pu toucher Lokahi, un mâle de 22 ans qui est né en captivité. Nous étions entourés d'autre poissons multicolores. Experience inoubliable, c'est très impressionnant car Lokahi fait tout de même 2.5 mètres pour 200 kilos.



 A côté de chez nous il y a des chiots... les enfants adorent.



Puis on fait quelques photos de l'île, histoire de vous faire envie...




 Un shop sur le bord de la route. Les fruits sont trop bons et surtout c'est tellement moins cher qu'au supermarché.

Le 26, on va visiter une fabrique de jus de fruit locaux, enfin c’est ce qu’on croyait… en fait c’était une dégustation et un local de vente. Pas très important car les jus étaient délicieux. Puis, on va au belvédère de l’île qui nous donne l’occasion de voir les deux baies. Très beau.







 Le 27, on ne fait pas grand-chose… on est bien au fare (maison). Les enfants jouent tous l’après midi avec Temihi, une petite qui habite dans le coin. Je profite de lire un peu… et Dan va acheter un poisson sur la route… et cuisine avec Jules qui l'aide à extraire le lait de coco.






Le 28, il fait grand beau et c’est le moment. On voit enfin l’île sans nuage… et c’est beau. Les pics rocheux sont dégagés, c’est très impressionnant. Comme il fait beau, on décide d’aller au Lagoonarium, attraction phare de Moorea. C’est assez cher mais ça en vaut vraiment la peine. Depuis l’île principale, on te mène en bateau sur un petit motu en face de Moorea et là on t’attribue un fare rien que pour toi. Cuisine, café et thé à disposition, WC et douche… le luxe. Le mieux c’est le jardin de corail. Sur 300-500 mètres, il y a une corde que tu suis, qui t’emmène dans le lagon, au milieu des coraux et des poissons. Deux fois par jour, il y a un nourrissage des poissons. Il y a 6 raies pastaga qui viennent (toujours les mêmes, depuis 15 ans pour une), comme cette sorte de raies à un dard particulièrement dangereux, les gens qui gèrent le lagoonarium leur on coupé le bout dangereux (ce que je trouve très discutable mais bon…). En plus des raies que l’on peut toucher, il y a des requins de lagons dit aussi requins à pointe noire. Ils mesurent 1.5 mètres environ. C’est très impressionnant de nager avec eux, on était vraiment très proche, Daniel a même réussi à en toucher un. Sinon bien entendu les poissons multicolores de toutes sortes, même des poissons clowns dans leur anémone… On a adoré…










Le 29, avant le départ pour Huahine, on prend une petite photo d'Herami pour avoir un souvenir.

Puis, départ pour Huahine, on prend donc l’avion qui mettra 25 minutes pour atteindre l’île. Les paysages sont très beaux, on découvre Moorea et Huahine depuis le ciel.



Quand on arrive, on est très bien accueilli et on nous fait faire un tour de la ville… la notion de ville n’est pas la même ici que chez nous, mais on y trouve quand même un supermarché, deux banques, deux docteurs, deux stations services (les seules de l’île) et une poste rutilante. La vie ici est celle de Moorea il y a 50 ans… On arrive donc à notre pavillon en face de la mer et je commence directement à faire des lessives, j’ai une machine à disposition rien que pour moi alors j’en profite pour tout laver… certains habits sentant le vieux sac mouillé… Tout y passe, même nos sacrés saintes chaussures Salomon (ici les tongs sont de rigueur).


En face de nous on a une plage privée qui est magnifique mais pas idéale pour la baignade, il y a énormément de corail et l’eau ne monte pas plus haut que nos genoux. La vue est quant à elle magnifique, surtout le coucher du soleil qui fait apparaître les îles voisines de Tahaa et Raiatea.




Le 30, on continue les lessives et les enfants jouent dans l’immense jardin qui entoure notre maison. Léonie a la mauvaise idée de courir pieds nus et se coupe le talon avec une pierre qui traine…


Puis dans la journée on se dirige vers la plage de l’ancien hôtel Sofitel. Le site est magnifique, l’eau turquoise et il y a même un jardin de corail. L’hôtel a été abandonné en 2002, dernièrement le site a été racheté et les bungalows détruit. La plage est accessible, elle est déserte quand on y est.



Il faut savoir que Huahine est nommé l’ile sauvage ou la rebelle. Ses plages sont magnifiques et son lagon autant beau que Bora-Bora (selon les habitants), mais elle refuse le tourisme de masse. Sur l’île, on trouve uniquement des pensions de famille et il en a pas énormément. A part Fare, la pseudo ville, il y a quelques villages qui se composent de quelques maisons, sinon, quand on prend la voiture pour en faire le tour, on voit que des cocotiers, des bananiers, des arbres à pains, des papayers (je ne sais pas si on dit ça comme ça) qui sont à moitié étouffés par la végétation luxuriante. C’est vraiment un endroit que l’on apprécie, pour sa douceur de vivre (le temps s’est arrêté), pour la gentillesse de ses habitants et pour la beauté des lieux. En parlant de la gentillesse des gens, tout le monde te dis bonjour… tu passes en voiture, on te fait signe… au supermarché, on te regarde et on te dis bonjour… même si tu ne connais pas… juste incroyable.

Pour en revenir au 30, le soir on passe à la pension (notre maison se trouve à deux km de la pension) pour téléphoner à grand-papa Pilou qui fête son anniversaire, nous sommes encore le 30, mais en Suisse c’est le 31. Léonie arrive a se faire mordre à la jambe par le chien… pas grand-chose mais dans ce genre d’endroit on pense à la rage et à l’infection. Entre son talon coupé et le chien c’est pas sa journée.

Le 31 on commence notre journée par aller à la pharmacie pour Léonie, ils nous conseillent d’aller voir le médecin pour sa morsure (infection possible et sur les iles ça peut dégénérer rapidement). Nous sommes soulagés car il n’y a pas de rage sur l’île. Même si nous avions fait les vaccins en Suisse, si tu te fais mordre par un animal et que tu as un doute quant à la rage, tu dois encore faire 2 injections sur place. Avant d’aller chez le docteur, on va acheter du thon au marché. Ce n’est pas comme à Moorea où tu achètes un poisson entier, là les bouts sont déjà coupés… et heureusement.
Ensuite, départ chez le docteur, pas besoin de rendez-vous ici… Pour la morsure, aucun soucis, pas d’infection, par contre pour sa coupure au pied c’est autre chose. Le docteur lui enlève la peau morte et lui nettoie la plaie qui avait du sable à l’intérieur (quand nous avions essayé de nettoyer la veille, Léonie avait hurlé à la mort… et là rien…). On repart avec un pied soigné et interdiction à Léonie de se baigner dans la mer… par contre la piscine est autorisée, le chlore étant conseillé (ouf il y en a une à la pension).
Après cette aventure docteur, on part direction une ferme perlière, les perles de Tahiti sont magnifiques, de toutes les couleurs (allant du blanc au noir). Là-bas on nous explique comment ils font les perles, c’est assez intéressant.


Puis, on continue direction Faie, une micro ville qui est connue pour ses anguilles aux yeux bleus. Elles sont sacrées. Avec Jules on met les pieds dans la rivière et on leur donne du pain, c’est impressionnant car très grand et tout doux. Léonie fait la tête car elle ne peut pas mettre les pieds dans l'eau...




Puis on se dirige au sud de l’île où se trouvent les plus belles plages. Là, on est presque seul (2 autres couples sont là) sur une plage avec de l’eau cristalline. Léonie nous regarde nous baigner… puis on va à la pension pour qu’elle puisse se baigner à son tour.





Le 1er septembre on réalise que ça fait 4 mois qu'on est loin... sinon on ne fait pas grand chose... en même temps c'est pas ici qu'il faut se stresser. On fait les devoirs, puis on joue... et on va à la plage et ensuite à la piscine...

Du 2 au 4, rien de spécial à raconter, on vit au jour le jour et on profite de se reposer, faire les devoirs, soigner Léonie et aller à la plage. Son bobo cicatrise très vite et au bout de deux jours elle peut se baigner à nouveau. Elle a par contre attrapé un rhume… c’est vraiment pas sa semaine. Le 2, on va visiter une vanilleraie, nous avons enfin compris pourquoi ça coûte si cher… en fait la plante qui donne la vanille est une orchidée, il lui faut trois ans avant qu’elle donne des fleurs. Chaque matin, le cultivateur va polliniser lui-même les nouvelles fleurs, il faut ensuite 9 mois pour que le fruit apparaisse, puis 6 mois de séchage au soleil… Le 3, comme Léonie peut se baigner à nouveau, on retourne voir les anguilles sacrées pour qu’elle puisse les toucher, puis baignade dans la plage de son choix. Le 4 idem... devoirs, puis plage... la vie n'est pas trop compliquée ici.
 Le pêcheur qui rentre au port, on ne peut pas résister et on lui rachète une tranche...
 Léonie pas au top... elle reste au lit

 Rien de tel pour aller mieux que de jouer dans l'eau

Le soir on mange le thon... cru en sashimi... trop bon
 Fleurs de tiaré, l'emblème de la Polynésie. Son parfum est incroyable !

 Ce fruit de l'arbre à pin, appelé uru est un délice. Ca se cuisine comme des PDT. Malheureusement on en trouve pas en Suisse.
 Point de vue...

Le 5 septembre c'est notre dernier jour à Huahine. On décolle tard donc on profite encore de la plage de l'ancien Sofitel. En fin de journée on décolle pour Tahiti, on y passe encore 6 nuits avant de décoller pour la Nouvelle-Zélande.

Le 6 septembre on découvre notre pension. C'est plutôt sympa. Tahiti est une très grande île et elle a une particularité c'est que d'un côté le sable est noir, volcanique et de l'autre le sable blanc. Nous sommes du côté où le sable est noir et c'est assez marrant; par contre ça donne moins envie de se baigner. On a fait quelques courses et nous nous sommes baladés à côté d'une chute d'eau. On a aussi profité de couper les cheveux de Léonie qui ressemblaient plus à de la paille qu'à autre chose...



Le 7 nous avons voulu voir les 3 chutes de Faarumai, nous avons prévu de nous y baigner. Malheureusement suite à de gros éboulements, nous avons pu en voir qu'une et la baignade y est interdite.... En face il y a une autre curiosité, le trou du souffleur. En fait, il y a un lavatube (tunnel formé dans la lave) dans lequel s'engouffre l'eau de l'océan. Ce lavatube a un trou et du coup à chaque fois que l'eau y entre, l'air s'échappe par le trou avec un immense bruit, un peu comme une baleine qui souffle. C'est très impressionnant.




Puis, nous allons sur le plateau de Taravao qui se trouve sur la presqu'île. Il s'agit de la Normandie de Polynésie, on y voit des vaches dans des pâturages avec de l'herbe bien grasse... très rigolo de voir ça ici. Il y a aussi un magnifique vue, mais nous n'avons pas de photos car on avait le soleil en face et ça donnait rien.


 Puis retour à la pension.
Le 8, on part à Papeete car le lendemain on va à Moorea et on prend le ferry de 7h15. Comme sur l'île il y a qu'une seule route, pour arriver à temps au ferry, avec la circulation, on aurait du se lever à 4h du matin... Le propriétaire de la pension nous propose donc son studio à Papeete, gratuitement. On en profite donc pour y aller dès le matin. On découvre le marché de la ville qui est vraiment animé, on y achète quelques souvenirs. Dans l'après-midi, on retourne au studio car il y a une piscine sur le toit... un piscine qui surplombe la ville rien que pour nous... pas mal. Le soir, on va manger en ville, sur la place Vai'ete où l'on trouve des roulottes. Il faut dire que les roulottes sont une institution à Tahiti, il y en a presque partout. Vers 18h, la place se remplit de camionnettes, de tables et de chaises en plastiques... On a mangé un poisson cru à incroyable. Les enfants ont pris une assiette de sashimi polynésien, qui sont servis sur un lit de chou coupés très fin et Daniel et moi avons pris un duo de sashimi et poisson au lait de coco... un délice.




Le 9, départ pour Moorea avec le ferry de 7h15, puis on prend le bus pour arriver à Maharepa. On se rend chez Gilles Lovisa, tatoueur... Daniel commence le premier avec un gros tattoo sur la jambe... 4h30 de douleur... mais le résultat est magnifique. Pendant ce temps, je jouais avec les enfants dans l'eau et lisait le guide sur la Nouvelle-Zélande qu'on rejoint bientôt...

Puis c'est mon tour... 25 minutes difficiles... car l'endroit où je le fais est assez sensible. Bref, on ne regrette rien ça faisait un moment que ça nous trottait dans la tête.

 Puis on reprend le ferry avec une mer assez forte... du coup on a tous failli vomir... en arrivant sur terre il nous a fallu un moment avant de ne plus avoir mal au cœur.

Le 10, nous étions invités chez Inès et François. François est d'origine suisse et est installé sur l'île depuis très longtemps. Il se trouve qu'on a un lien de parenté par alliance plus qu'éloigné... En fait il est le frère du mari de la sœur de la femme du cousin de ma maman... compliqué n'est-ce pas?  Bref, François et Inès nous on accueilli chez eux à Puna'auia. Le repas était délicieux, du poisson au lait de coco... on adore, puis un sorbet maison d'ananas et de mandarine excellent. En plus ils ont un piscine qui a fait le bonheur de Jules et Léonie et deux de leurs petits-enfants étaient aussi présents, le garçon Haumanariki et la petite fille Kirarahu.

Toute la journée était bien sympathique et on se réjouis de les revoir en Suisse quand ils viendront.

Le 11, on prépare les affaires et départ pour Auckland en fin de journée. Lors de ce vol de 6 heures, on passe la ligne internationale de changement de jour. C'est à dire que notre vol décolle le 11 à 18h et on arrive le 12 à 22h... On perd 22 heures et dorénavant on a 10h de plus qu'en Suisse.

Sinon, comme à mon habitude, je vais faire un petit résumé sur nos impressions quant à la Polynésie. Ce qui nous a frappé c'est que les Polynésiens sont très attachés et très fiers de leur culture et de leur patrimoine, les femmes portent presque toutes une fleur dans les cheveux, qu'elles viennent de la ville ou des îles et qu'elles aient 20 ou 60 ans. Il n'est pas rare de voir des femmes avec des couronnes de fleurs. Pour ce qui est de la mode vestimentaire, j'ai vu à Papeete certaines femmes habillés comme en métropole, mais le plus souvent le code vestimentaire c'est : soit à l'aise... et c'est bien comme ça. Les femmes se maquillent très peu, mais elles sont vraiment belles et n'ont pas besoin d'artifices.
L'autre chose très agréable pour  nous mais plutôt étonnante, c'est que pour les petits vols internes, il y a aucun passage de sécurité... tu montres ton passeport et c'est tout... ton bagage à main n'est même pas scanné, ça simplifie drôlement les choses.
Sinon que dire de plus, mis à part que l'on a vraiment trouvé que tout était très propre. Les habitants font vraiment attention à ça. Il est très agréable de sentir les odeurs des fleurs partout... la fleur blanche de tiaré dégage une odeur incroyable. Comme le soleil se couche très tôt, à 18h il fait nuit, et bien les Polynésiens se lèvent très tôt... A Huahine, le supermarché ouvrait à 5h30... Le marché de Papeete ouvre à 4h du matin (voir même plus tôt).
Certaines choses sont assez surprenantes pour nous, habitant du monde moderne, comme par exemple le fait que les gens marchent souvent pieds nus... au supermarché et dans les banques... mais ça ne choque personne ici... En Polynésie on se tutoie... c'est un peu difficile au début de tutoyer les personnes que tu ne connais pas mais on s'y fait très vite. Les vélos... il y en a partout et les Polynésiens adorent rouler à contre-sens, la nuit c'est pas mal.
Sinon, comme nous avons fait les îles et Tahiti (la ville pour ceux des îles), nous avons pu remarquer les différences. Dans les îles, la vie est moins stressante et c'est vraiment appréciable; à Tahiti, le rythme est bien différent, on retrouve presque le stress de nos villes européennes... je dis presque. Nous avons pu remarquer que ceux des îles n'aiment pas les gens stressés de Tahiti... et que tous les Polynésiens (en tout cas avec ceux avec qui nous avons discuté) n'aiment pas Bora-Bora... OK le lagon est magnifique mais l'île est sale... Bon, nous n'avons pas pu le voir...
Pour résumé, nous avons adoré les îles, c'est un vrai dépaysement où les gens sont tellement gentils (juste incroyable...) et avenants. Deux mondes y vivent, la culture polynésienne et le monde moderne venant de France... ce mix est très agréable car tu trouves les avantages de ces deux mondes.
Pour nous cette étape Polynésienne nous a fait du bien, déjà parce qu'on a pu parler Français, mais aussi parce qu'on a pu manger de la baguette... et d'autres produits français :-), sans parler de la nourriture Polynésienne qu'on a adorée...







mardi 23 août 2016

Chili 2 - île de Pâques


Ile de Pâques - Rapa Nui de son vrai nom
Le 19 août, pas grand-chose à dire, on voyage de Santiago à Rapa Nui (le nom officiel de l’île de Pâques). Le vol dure 5 heures tout de même… l’île est l’une des terres les plus isolées au monde. 3'760 km du Chili et 4'100 km de Tahiti. Elle est longue de 23 km et fait 12km de large…

Il faut savoir qu’il y a peine 30 ans, l’île ne recevait qu’un bateau de guerre par an qui livrait des vivres et du matériel. On ne sait pas encore comment et quand l’île a été peuplée mais la théorie la plus acceptée est qu’un peuple polynésien des Marquises y soit arrivé il y a environ 1'500 ans. L’île était très peuplée à un moment de l’histoire (environ 15'000 personnes), ce qui explique l’augmentation des guerres tribales et le renversement des moai. En 1863, le Pérou envoie des bateaux pour capturer les pascuans afin de les faire travailler dans des mines, après les protestations de nombreux pays, le Pérou fini par relâcher les pascuans qui sont encore vivants (nombreux étant morts dans les mines), le problème c’est qu’ils ramènent aussi la variole avec eux. Avant le raid péruvien, il y avait environ 5'000 pascuans, après ce raid, seul quelques centaines sont encore en vie. C’est à cause de cette partie noire de l’histoire de l’île que le savoir a disparu, la mémoire de l’île est anéantie. En 1888 le Chili prend officiellement possession de Rapa Nui. Au début du 20e siècle, les terres sont louées à une compagnie britannique pour de l’élevage de mouton. Les pascuans sont enfermés à Hanga Roa (la ville) par des barrières…. Ceci dure jusqu’en 1952. Les pascuans acquièrent enfin le droit de vote en 1966 et surtout obtiennent des papiers d’identités, leur existence s’améliore (eau courante, électricité, école). Bref, la notoriété de  l’île de Pâques est basée sur ses moai, ses mystères et ses légendes, ce qui est sur, c’est que son peuple a été humilié, colonisé et qu’il retrouve, certainement grâce au tourisme, la fierté de sa culture unique.  
Bref, après cette mini page d’histoire, nous arrivons à l’aéroport, lobotomisé par 5 heures d’écran. On est accueilli par le papa de la propriétaire de la pension, avec un collier de fleur… super chou. Il nous fait faire un tour de la « ville » puis nous amène au bungalow. On ne va pas faire grand-chose mis à part qu’on retourne en ville pour essayer de tirer de l’argent (on y arrivera pas) et faire quelques courses. Effectivement tout est cher sur l’île, le double que sur le continent. Heureusement on avait prévu le coup et on avait acheté des pâtes et des boîtes de conserves à Santiago.

 Le 20, on se réveille assez tard, il faut dire qu’il fait nuit super longtemps… Après le petit déjeuner, on se dirige en ville pour louer une voiture pour les deux jours, on fait des courses (fruits légumes) au marché car c’est vraiment cher dans les mini-market. Par contre le marché se résume à 3-4 camionnettes avec des légumes dans le coffre. J’ai demandé à la vendeuse et il s’agit bien de production locale, sauf les oignons et le mais qui viennent du continent. La camionnette d’à côté vend de la viande… et le gars coupe les morceaux à la scie.
Après avoir posé les courses à la maison, on part pour Puna Pau qui était la carrière d’où les pascuans sortaient la roche rouge pour réaliser le pukao (chignon ou chapeau qui ornait les moai). J’ai oublié de l’écrire mais nous n’avons pas de chance avec le temps, il pleut… beaucoup. Mais franchement c’est la première fois (ou presque) qu’on voit la pluie en 3 mois, ça nous fait presque plaisir. On est tellement heureux d’être là qu’on s’en fiche. Pour en revenir à cette carrière, les pascuans taillaient grossièrement les pukaos sur place et les déplaçaient ensuite sur le lieu où le moai se trouvait. Ils finalisaient la taille sur place.
Puis, on se dirige vers ahu A Kivi. Cet ahu, situé presque au centre de l’île tient une place à part dans l’histoire car c’est les seuls moai de l’île qui sont alignés de manière à regarder l’océan. Apparemment ces 7 moai personnifient les sept envoyés du roi Hotu Matu’a venu reconnaître l’île. Le lieu est superbe quand il ne pleut pas… on le trouve aussi beau sous la pluie.
Puis, départ pour la plage d’Anakena. C’est là que ce fameux roi aurait débarqué. Il faut savoir que l’histoire pascuane est uniquement connue grâce à la tradition orale pascuane, c’est-à-dire qu’il n’y a aucun écrit. Je ne vais pas m’étaler sur cette fameuse histoire car elle est très compliquée (guerre, colonisation et j’en passe), mais aussi car avant la découverte de l’île en 1722 (un dimanche de pâques) rien n’est sur… selon la fameuse tradition orale, les moai se déplaçaient seuls depuis la carrière jusqu’à leur ahu (socle)… Pour en revenir à cette plage (il y en a que deux sur l’île), on peut dire qu’elle est assez paradisiaques. Il y a des cocotiers qui ont été importés de Tahiti et le sable est très clair et fin. La baie est protégée donc les vagues sont gérables. Sur la plage il y a l’ahu Nau Nau avec ses sept statues (5 sont intactes et 4 possèdent encore leur pukao). Ces statues sont incroyablement bien conservées car après avoir été jetées à terre (par les tribus ennemies lors des guerres tribales), elles ont été enfouies dans le sable. Ces statues furent redressées en 1978.







Ensuite, on arrive au ahu Te Pito Kura, le plus grand de l’île qui a été un jour érigé sur un ahu. Il faisait 10 mètres de haut. Il a été couché lors d’une guerre tribale. Après nous arrivons dans un site où l’on voit de nombreux pétroglyphes, Papa Vaka.

Après cela on se dirige vers ahu Tongariki. Cet ahu fut mis à terre pendant des guerres tribales mais il a été restauré grâce aux subsides versés par une société japonaise. C’est le site moai le plus important de l’île, il y en a 15, un seul conserve son pukao. Franchement cet endroit est vraiment magnifique… nous n’avons pas eu droit au coucher de soleil, mais juste à un petit rayon… c’est envoutant.




 Le 21, départ pour Rano Raraku, un des volcans de l’île (il y en a 4 au total, tous étains). Ce volcan a servit de carrière à presque tous les moai de l’île. Sur chaque versant du volcan, il y a 397 statues inachevées, abandonnées en cours de transport, cassées. Il y en a partout. C’est assez marrant car on dirait que les pascuans ont tout abandonné et tout laissé sur place, selon l’histoire c’est ce qu’il s’est passé après des révoltes et le renversement du pouvoir royal des Miru (une époque où les rois provenaient d’une seule et même tribu). Après le renversement de ce pouvoir, les pascuans cessèrent de fabriquer les moai. Sur le site, on peut voir une armée de moai dressés, le regard vers l’horizon, apparemment ils avaient une mission de protection ou d’observation, la tête des moai ressort du sol, mais leur corps est entièrement sous terre. On en trouve à l’extérieur du cratère comme à l’intérieur. Ce site est complètement dingue...





Sur les pentes du volcan, dans la roche, on voit les carrières. Certains moai s’y trouvent encore, en phase de dégagement. Le plus gros moai jamais sculpté y est toujours, couché sur la roche, il aurait mesuré plus de 21 mètres… On va aussi voir le cratère, havre de paix avec son lac magique.





Puis on longe la côte et on s’arrêt sur différents sites. Chaque fois c’est le même spectacle, des moai renversés, il faut savoir qu'ils ont tous été renversés lors de guerre tribale. Ceux qu'on voit debout (mise à part dans la carrière) ont été redressés. La photo ci-dessous est le site de Aka Hanga. On peut voir les pukao des moai qui ont roulé après leur chute.

Après avoir mangé un petit truc, on va voir le volcan Rano kan, enfin plutôt son cratère. Le cratère est très beau… enfin ce qu’on peut en voir car la pluie est avec nous, le brouillard aussi. On essayera d’y retourner demain s’il fait meilleur. Le cratère fait 200 mètres de profondeur et 1600 mètres de large. C’est un rond parfait, avec au fond des petits lacs couverts de joncs. Auparavant les pascuans allaient y chercher l’eau douce.

Puis nous allons au village d’O Rongo. Ce site doit être de toute beauté quand il fait beau… Nous n’avons pas forcément eu beaucoup de plaisir car il pleuvait vraiment beaucoup. Ce village, qui était uniquement un village cérémoniel, était utilisé en août et septembre lors de la cérémonie de l’homme-oiseau. Suite au renversement du régime des Miru (toujours la même tribu qui avait le pouvoir) et du culte des moai, les pascuans introduisirent une rotation du pouvoir entre les différentes tribus. Chaque année, une série de cérémonies réunissaient le roi, les prêtres et les chefs de chaque tribu. C’est à cette occasion que l’homme-oiseau était nommé. Chaque chef de tribu désignait un homme de sa tribu pour assurer le succès de sa tribu. La tâche de cet homme était simple… il devait ramener un œuf de sterne (oiseau marin migrateur). Pour ce faire, il devait descendre la falaise de 300 mètres (à pic…), nager 1400 mètres pour rejoindre le Motu (ile) Nui, attendre que les oiseaux migrateur daignent pondre, prendre un œuf et revenir… ça pouvait prendre plusieurs semaines car les oiseaux ne pondent pas à la demande. L’œuf ramené devait être en parfait état. Le chef qui recevait son œuf en premier, devenait homme-oiseau et devenait roi pendant une année.



Le site a été complétement refait en 1974 car il est exposé aux vents et donc fragile. De plus il a été malheureusement pillé par les explorateurs. Certaines maisons contenaient des peintures qui ne sont plus là. Même le British Museum est venu se servir et à pris le seul moai sur place. Nous avons quand même eu la chance de voir le Motu Nui, le Motu Iti et le Motu Kao Kao sans nuage… ça n’a pas duré.
Puis nous sommes allés au village voir le port et les vagues qui sont justes très impressionnantes.

Le 22 c'est notre dernier jour mais comme notre avion décolle à 23h30 pour Papeete, on a le temps de profiter un jour entier de l'île. Il pleut encore... on profite de faire les sites près de Hanga Roa. On se balade jusqu'au Ahu Tahai qui est composé de 3 ahu. Un avec 5 statues et deux statues solitaires dont l'une, la seule de l'île à retrouvé son pukao et ses yeux (en corail). L'ensemble est vraiment sympa. Puis on continue notre balade le long de la côte déchainée accompagnée par un nouveau pote (chien).



Puis on décide de refaire certain site qui nous ont touché, comme la plage et le ahu tongariki. Malheureusement nous ne pouvons pas refaire la carrière des moai qui nous avait particulièrement touchée.
Voilà, notre périple à Rapa Nui prend fin et c'est vraiment le cœur gros que nous partons. On vient sur cette île non pas parce qu'elle est paradisiaque, au contraire, elle à même des airs d'Irlande, mais plus plutôt pour ce qu'elle dégage... Il y a peut d'endroit au monde où l'on ressent, sur une surface aussi réduite, la force et la richesse d'une grande civilisation. Cette île est magique et on s'y sent vraiment bien. On espère sincèrement que le tourisme de masse ne va pas la tuer... heureusement son accès n'est pas aisé, autant pour le temps qu'on passe dans l'avion pour y aller que pour le prix qu'il faut mettre. Pour le moment c'est encore un endroit où les gens sont très accueillants.
Bref, vous l'aurez compris on a adoré et on s'y est vraiment senti très à l'aise, on était bien tout simplement. Et quand on est devant ces moai, on ressent une telle force qu'on se sent tout petit et que notre monde de consommation nous parait bien stupide.
Merci au guide du routard que je cite assez souvent, surtout pour les aspects historiques.